Me voilà en arrêt de travail, excellent pour cogiter et recogiter, dans la fièvre.
Je me dis "heureusement que ceci ne m'arrive pas il y a deux mois". A l'époque ou "Elle" est partie. A l'époque ou il me fallait de la suractivité pour ne pas péter un plomb, pour la chasser de mes pensées, pour éloigner son image de moi.
Aujourd'hui, la belle aux yeux verts commence à prendre une part de plus importante de mes pensées et de mon temps libre aussi d'ailleurs. Et mieux encore, elle prend soin de moi et je n'ai même rien demandé. Si ça ne faisait pas si mal et si je n'avais pas peur de la contaminer je trouverais ça magnifquement romantique (genre dame aux camélias)
Pourtant, l'autre soir, alors que je prenais mon bus pour redescendre chez moi, les deux images se sont superposées : "Elle l'autre" et "Elle la présente". Je n'ai rien vu venir, mais quand je me suis représentée la soirée, quand j'ai imaginé ouvrir ma porte, je ne sais plus trop laquelle des deux était derrière.
En fait, je crois que c'était "Elle, l'autre". Par habitude j'imagine. Tant de fois c'était elle derrière cette foutue porte, qu'elle en ait eu les clefs ou pas. Elle, souvent, derrière la porte, puis dans mes bras, puis dans mon lit...
J'ai ragé d'avoir commis cette erreur, ragé d'avoir été dupée par mes souvenirs, ragé d'avoir été si déméritante vis à vis de la belle aux yeux verts. Elle qui ne mérite pas que je pense à une autre alors qu'elle ne pas pas oublié en 5 ans, qu'elle est capable de me dire les mots, les endroits exacts...et moi qui ai l'esprit pollué par son image à "Elle l'autre". Je rage de cette faiblesse. Je rage de cette inconvenance. Je rage de ce manque de contrôle. Je rage car pourtant je ne pense plus à Elle, sauf , visiblement, quand elle me prend en traitre, surprise des vieilles habitudes.
Pourtant de ces vieilles habitudes il me semblait les avoir chassées, remplacées. Mais ce soir là je devais être fatiguée, troublée. C'était son premier soir à la belle aux yeux verts, son premier soir où elle passait la nuit entière chez moi.
Mon esprit, putain d'esprit ,m'a joué un tour malin, une mise en garde peu subtile : "Attention, Hannah, tu recommences, tu recommences sans méfiance...tu sais ce que ça donne à la fin du film : Elle part et tu es triste".
Mais je ne suis pas (toujours) du style à écouter les mises en garde (bien au contraire), alors tête baissée, je fonce, c'est grisant, c'est troublant, c'est doux, c'est excitant. Et tant pis pour la fin, quelle qu'elle soit.
Et toi, "Elle-l'autre", dis toi bien que ça n'a pas marché ton truc.
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