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olivette

Jeudi 14 septembre 2006

 

Jeudi dernier, je rentre à la maison, le coeur presqu'en joie : j'ai une RTT le lendemain et je vais la retrouver ce soir, j'ai envie de passer un vrai moment avec elle.

Je l'entends frapper à la porte...j'ouvre et là tout de suite je sais...je sais ce qui va se passer. A ce moment là, je n'ai pas encore mal. Je suis froide.

Elle : hannah, je suis une merde....je suis désolée.

Elle fuit au fond de la pièce. Pas un baiser.

Je sais. Je sais déjà tout. Mais j'espère qu'elle va me dire un truc du genre "j'ai cassé un truc chez toi" ou bien "je me suis sérieusement engueulée avec x ou y". J'ai tellement envie que ce soit cela qu'elle me dise....

Moi : tu veux rompre, c'est ça...

Je ne sens encore rien. Je suis comme témoin de la situation...

Elle : oui, je ne suis plus amoureuse...je suis désolée.

J'ai besoin de fumer 3 cigarettes et de boire douze bières, là tout de suite. Je suis assommée, je ne veux pas y croire. Je ne veux pas comprendre, je ne veux pas entendre.

Certes, ces derniers temps les choses n'étaient pas au beau fixe...pas de sexe...une proximité toute géographique. Mais pas que ça s'arrête là. Pas comme ça. Pas si vite. Pas maintenant. Pas elle.

Nous discutons jusqu'à l'aube. Buvant et fumant, pleurant. Je passerai aujourd'hui sur ses motivations, j'aurai dans doute l'occasion d'y revenir.

Quoi qu'il en soit : une lueur d'espoir...Elle n'est pas 100% sûre. Je m'engouffre dans la brêche du 1% qui reste...l'espoir, maudit espoir.

 

J'arrache donc une promesse de rendez-vous pour dans 10 jours...samedi, après-demain...

(Je dois en effet partir le surlendemain pour Paris, pour raisons professionnelles).

Le réveil du lendemain fût des plus difficiles. Peu dormi, le coeur battant, des ondes de chaleurs dans le haut du dos. Les yeux bouffis, la tête prête à exploser. Je lui envoie un mail. Pour lui dire que je l'aime et que je voudrais que l'on se batte et non pas que l'on s'abatte.

Depuis : aucune nouvelle. Aucune réponse à mes mails (ceux qui ne me sont pas retournés "failed"). Son téléphone aux abonnés absents.

Je ne sais pas si elle viendra...je ne sais pas si elle tiendra sa promesse. Je veux y croire car elle n'est pas du genre à mentir. Mais j'ai des tonnes et des tonnes de projections sur ce qui va se passer ce samedi  qui me pourrissent la tête...La plupart du temps c'est sa non venue que je gère...que je gère mal évidemment.

Jamais je n'ai connu (enfin que je me souvienne) de semaine si longue....une attente difficile et qui fait mal à l'estomac...

A samedi donc...

Par hannah
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Vendredi 15 septembre 2006

Ca y'est, hier soir, juste après avoir publié mon premier article, j'ai enfin eu un mail.

Elle me dit, en à peine quelques lignes, ce qui fait disparaitre le 1% d'espoir qui restait. En bref, elle confirme son souhait de rompre.

Sur le moment, ça a été comme un soulagement. J'ai même réussi à faire une nuit presque complète. Mais malgré tout, au réveil, les pensées ont encore commencé à agacer mes synapses, à me jouer des tours, à me chauffer les oreilles. L'angoisse est là à nouveau. Moins forte peut-être, mais elle est toujours là.

On doit se voir cet après-midi, les choses écrites, la page tournée (pour elle). Il suffit de commencer autre chose, peut-être aussi d'apporter quelques éclaircissements.

Je n'arrête pas de penser qu'elle se trompe. Qu'elle n'a pas le droit de choisir ce moyen pour vaincre son démon. Je suis intimement convaincue que c'est parce qu'elle voit en moi, tout ce qu'elle n'est pas, ou plutôt tout ce qu'elle ne pense pas être, qu'elle a choisi la rupture. Ce n'est pourtant pas ce que moi j'ai vu en elle. Elle se dévalorise, et ma "stabilité", mon "équilibre" lui font mal.

Moi j'aimais ces différences, et je ne voulait pas lui renvoyer une image négative d'elle. Je suis convaincue que c'est elle, et elle seule qui a vu ce négatif dans mes yeux.

Voilà d'ailleurs la lettre que je lui ai écrit au lendemain sa confession :

Lyon, vendredi 8 septembre 2006.

 

 

La langue sèche. Les yeux collés. Le ventre qui fait mal. Le c?ur qui bat trop vite. Et cette phrase de toi dans ma tête « Je ne suis plus amoureuse » : le réveil fût douloureux.

 

 

Il faut que j?écrive, il faut que je laisse quelque chose, encore un peu. Moi je t?aime.

Je t?aime ça ne veut pas dire que j?ai aimé, et que j?aime tous les moments qu?on a passé ensemble, toutes les choses que tu as faites ou pas faites, dites ou pas dites (plus souvent dans le « pas » tu étais ». Parfois oui, quand ces moments que je n?aimais pas, surtout s?ils étaient amenés à durer, je me suis moi aussi demandée si j?étais encore amoureuse ou pas.

Vendredi dernier, je ne sais pas quelle réponse j?aurais donné si l?on m?avais posé la question. J?aurais probablement dit non.

Mais pourtant je t?aime encore, et je t?aimais aussi vendredi dernier. Ce sont juste toutes les manifestations extérieures de notre relation que je n?aimais plus.

 

 

Si j?écris tout ça, c?est bien évidemment pour te donner quelques clefs pour réfléchir.

Te faire « changer d?avis », ce ne serait pas possible. Et ça ne marcherait pas.

Je veux juste que tu réfléchisse à cette différence : aimer quelqu?un mais ne plus aimer la relation que l?on a avec cette personne. Car si tu ne m?aimes plus c?est irrémédiable. En revanche, si c?est la relation que nous avons que tu n?aimes plus alors c?est différent.

Bien évidemment, quand on aime plus la relation que l?on a avec quelqu?un, on déporte ce sentiment sur l?objet de la relation : l?autre donc.

 

 

Par exemple, je n?aimais plus et avait de plus en plus de mal à supporter ce que je qualifiait en mon for intérieur de « manque d?initiative » de ta part. De ce fait je me disais :  c?est elle?

Mais à bien y réfléchir, et j?en suis encore plus convaincue depuis notre discussion hier. Ce n?est pas toi. C?est nous qui avons fabriqué ça. Je dis nous car c?est toi et moi. C?est moi avec mon autoritarisme, c?est moi parce qu?on était plus chez moi. C?est toi parce que tu as laissé faire.

Sauf que ça ce n?est pas toi et ce n?est pas moi. C?est un truc que l?on a construit et quelque part en ayant conscience du danger que cela représentait, peut être même justement parce que cela représente du danger et que toi comme moi (visiblement) nous avons un problème avec le couple.

Je t?aime toi. Je n?ai pas aimé notre « couple » (rien que le mot ça me donne presque envie de vomir).

 

 

On a créé exactement ce que l?on voulait fuir. Pour être sûres de fuir ?? Tout ça mériterait peut être une psychanalyse?.mais à défaut de savoir pourquoi il y a le comment.

 

 

Ce matin, je dormais à ta place?.rassure toi, ce n?est pas un de ces trucs sentimental, genre pour respirer ton odeur et tout. En fait quand je dors seule je passe toujours d?un coté à l?autre. Rien d?intentionnel donc. Mais pourtant, après les premières secondes, pénibles, de l?éveil, j?ai pensé que je dormais à ta place. Et là j?ai pensé à ce choses fondamentales, que je n?ai pas construites artificiellement dans notre relation : la confiance. J?ai toujours eu et j?ai toujours confiance en toi. Je me suis toujours sentie en confiance, sereine, dans tes bras. En confiance en général. Cette confiance qui se manifestait justement au réveil quand tu étais à mes cotés et que je te voyais dormir. Ou quand tu me prenais dans tes bras. Une onde de confiance intense.

 

 

Ce qui a été mal construit peut être détruit (l?est déjà finalement). Surtout ce qui est mal construit, comme je te l?ai dit hier compte tenu de la jeunesse de cette relation peut être mieux construit.

 

 

Je veux croire que ce souhait de rompre est de rompre avec cette relation et pas de rompre avec moi.

 

 

Peut être qu?une semaine ne suffira pas pour savoir. Peut être que si. J?attendrais tout le temps possible. Et ça je ne sais pas combien de temps c?est, ni même quelle unité choisir (heure, jour, semaine, mois?).

 

 

Pour reconstruire en tous cas il faudra modifier toutes ces sales habitudes qui ont été prises.

Tu as commencé, l?un dans l?autre, tu en as pris une d?initiative?pas celle que j?apprécie le plus tu t?en doutes. Mais c?est une initiative qui aura peut être des conséquences plus positives pour nous que je nous ne le ressentons maintenant.

 

 

 Lutte contre tes vieux démons, aide moi à lutter contre les miens. Il ne sert à rien de se rendre compte des choses si ce n?est pas pour en tirer des enseignements, immédiats?c?est par pour une autre que je veux ça. C?est pour toi.

 

 

A samedi prochain donc. Je t?embrasse

 

 

 

 Je sais en fait qu'il faut que je passe à autre chose...(me fait penser à une chanson de Gainsbourg pour jane). Il le faut d'autant plus que je perd pieds au travail et que si je ne me ressaisi pas ça va être la catastrophe...je dois l'éviter.

 

Par hannah
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Vendredi 15 septembre 2006

Ca y'est la "revoyure" après rupture a eu lieu. Elle est venu à la maison et nous sommes restées à discuter près de deux heures.

Ce fût tout d'abord laborieux, toutes deux nous tremblions et n'avions pas mangé. Elle s'est excusée de me faire de la peine, et je lui ai dit que je ne voulais pas qu'elle se sente coupable. Quelque part elle a parlé comme jamais auparavant. Un peu libérateur, un peu dur.

Je lui ai demandé la possibilité de se revoir

"on s'appelle et on se fait une bouffe..."

Je ne sais pas si c'est ça ou bien parce que ces quelques heures ont été agréable, mais je crois qu'elle est partie les larmes aux yeux. Je ne sais pas ce que ça veut dire en fait. Peut-être qu'au fond d'elle même elle envisage que nous ne nous revoyons plus et qu'elle n'a pas osé le dire et que c'est pour cela qu'elle est partie le coeur si triste.

Moi ça m'a fait un peu de bien, même si je sais que je ne suis pas encore guérie, loin de là...

Il faut que je tourne cette page, mais elle me semble si lourde, trop lourde....

Quand elle est venue, bizarrement, aucun des bons souvenirs n'est ressorti à la surface, presque comme si je la voyais pour la première fois, comme si nous commencions à faire connaissance. Dans une mesure c'est un peu vrai, au cours de ces quelques mois, finalement nous avions si peu discuté, si peu parlé, si peu échangé.

J'ai même pris son adresse et son téléphone dans mon calepin....

Cette histoire est un film monté à l'envers.

 

Par hannah
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Samedi 16 septembre 2006

Vous vous rappelez de Freddy, ce film où les ados avaient peur de dormir ?

Et ben la peur de dormir ça existe. J'essaie, j'essaie, d'être la plus fatiguée possible afin d'éviter de rêver.

Parce que mes rêves sont pollués (écolo du rêve...voilà un vrai engagement).

Je vais quand même de tâcher de dormir. Sans y penser, sans penser à rien.

Par hannah
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Samedi 16 septembre 2006

Aujourd'hui je vais m'adresser à toi et t'écrire ce que je ne t'écrirai pas en mail car je sais que tu ne me répondras pas, mais au moins ça ne me mettra pas dans un état d'impatience totale. Je sais que tu n'as pas à me répondre, que tu ne sais pas me répondre et que tu n'as pas envie de répondre. Je sais à quel point tu hais les mots, les paroles et que ce n'est pas pour faire du mal que tu agis ainsi. Je sais que tu cherches à te protéger, mais j'ai encore tant de choses à te dire. Alors voilà, solution simple et efficace...j'écris "au monde", la probabilité que tu tombe un jour sur ce blog étant encore bien moindre que celle de trouver une sirène dans le désert.

Ce matin encore, je me suis  réveillée avec ce vide à mes cotés. J'arrive  bon an mal an :

 - à gérer ton absence la journée,

- ta non existence dans ma vie,

- le fait que je ne doivent plus raisonner à deux,

- le fait que je doivent faire les courses pour 1,

mais le matin au réveil, ce vide m'angoisse encore terriblement.

Tu me manques, mais pas de ce même manque quand tu faisait encore partie de ma vie, d'un manque bien plus physique et douloureux.

Hier quand tu es partie avec les larmes aux yeux je n'ai pas su ce que je devais comprendre. Je ne veux pas me dire qu'il y a encore une chance, plus tard, pour nous.

Je te parlais de la sortie du film "A scanner Darkly", d'après K-Dick. A notre rencontre nous avions dévouvert que c'était notre auteur préféré à chacune, sauf que toi il te manquait d'avoir lu "substance mort (a scanner darkly)" que je t'ai prêté et toi tu m'a prêté le seul que de mon coté je n'avais pas lu ("la jeune fille aux cheveux bruns").

Je t'ai dis que si tu voulais je pouvais avoir des places de ciné moins cher et que nous pourrions y aller. Et là tu est devenue soudain si triste. Tu as grommelé que tu ne te sentais pas de faire ça. Alors j'ai dit, bêtement...

"mais nous ne sommes pas obligées d'y aller ensemble".

Et là tu es partie, les yeux humides et moi le coeur en bouillie.

Je n'ai jamais cru, et d'expérience j'ai raison, que les histoires achevées peuvent recommencer.

Parfois, avec prétention je me dis que tu n'arriveras jamais à trouver quelqu'un qui te conviendrait mieux que moi : nous aimons les mêmes livres, les mêmes films, nous avons la même orientation politque (très engagées à gauche, même si tu est plus anarcho et moi plus coco), nous aimions faire l'amour ensemble (avec ce gode fabriqué de tes mains...doux souvenir), nous aimions les mêmes repas simples,  nous aimions la bière, les jeux vidéos...

Mais tu ne m'aimes plus, moi...

Et je sais, et je sais, et je sais que même si toutes les raisons objectives de m'aimer sont là, s'il n'y a plus  LE TRUC (y'a t'il eu, hier dans la discussion j'ai bien cru que tu laissais entendre que tu t'étais trompée dès le début...quel mal), alors c'est fini, c'est fini.

Je vais bien, je vais bien, ça y'est je vais bien. J'ai digéré, j'ai géré. Ca y'est tout va bien. Ca y'est tu ne me manques plus. Ca y'est je ne te vois plus comme un avenir potentiel. Je vais me répéter ces phrases jusqu'à ce qu'elles deviennent réelles, comme un voyage dans le temps, dans le futur.

C'est ça c'est comme un voyage dans le futur : il suffit de se concentrer très fort sur ces phrases, sur cette situation et elle devient réelle, aussi simple que dans ces livres de SF que l'on affectionne tant.

Je le ferai, pour toi, pour que tu ne te sentes plus coupable de me faire de la peine, pour que tu ne souffres plus  de m'avoir fait de la peine : je t'oublierai.

 

 

Par hannah
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